11. Les besoins ? Une fois sur trois

A présent, je sors Chanelle deux fois par jour. Je sais ce n'est pas assez mais je ne vais pas vivre dehors non plus par ce temps pourri de janvier ! De plus, les rues sans herbe ne la tentent pas, même si elle commence à gambader joyeusement sur les trottoirs, elle attend d'être à la maison pour me faire ses petits cadeaux. Pire, le matin, elle est tellement heureuse de me voir qu'elle me fait la fête et se pisse dessus !!!! Même pas le temps de la sortir ! Enfin, elle respecte mes fauteuils et garde ses coins précis, toujours les mêmes : près de la sono (n'aime pas la musique ?) et près de mon bureau (anti boulot). Pourquoi ceux-là ? Je ne sais pas mais soit. Elle a déjà ses petites (mauvaises) habitudes.
J'envisage le bac à chat mais est-ce bien raisonnable ?

En dehors des petits soucis pratiques, Chanelle m'apporte beaucoup d'affection. Elle me suit partout, me colle aux jambes (pas marrant), jappe pour tout et rien et me couvre de lèchouilles. MAIS aussi, elle fait les poubelles comme une vrai spéléologue (c'est un chien, normal !) et pique le moindre aliment que j'ai le tort de déposer une fraction de seconde sur la table de salon et irait même chercher le bout de gras dans ma bouche si elle pouvait ! Morceau de chocolat, tartine, chips, pain, tout lui plait. Pour atteindre un objet qui l'intéresse sur la table base elle est capable d'une ingéniosité qui m'épate. C'est tout juste si elle ne prend pas son élan pour atteindre le centre de la desserte et, l'autre soir, elle est montée sur un canapé défendu pour s'élancer. Je l'ai attrapée au vol comme un ballon de rugby et j'ai crié un NON si fort qu'elle est allée se cacher. Pas longtemps. Pensant que j'avais oublié elle a essayé de recommencer. Et avec moi, il ne faut jamais faire répéter deux fois un interdit !
Oui c'est oui, non c'est non, et pas peut-être.

Mon fils, moins capable de lui résister se laisse piquer ses sandwichs du petit déjeuner ce qui fait que je vais devoir songer à mettre la chiotte au régime. L'autre jour, elle a léché un emballage de fromage à tartiner puis piquer le pot de mousse au chocolat de mon fils. Je ne vous dis pas l'état de sa truffe ensuite. Et si on peut aisément laver les mains et la bouche d'un enfant, ce n'est pas évident de faire pareil avec un chien et poilu en plus. Bref, je dois tout surveiller, tout mettre en hauteur et nettoyer davantage.
Je pense que cela commence à bien faire et que la page inconvénient dépasse celle des avantages. Cela ne me fait plus rire.

Question promenade, elle ne veut jamais sortir mais une fois dehors elle cavale à présent comme un lévrier puis ne veut plus rentrer. Et à part un pisou les crottes c'est pour la maison. Et les crottes j'en ai marre de les ramasser. Je n'ai pas besoin de faire du compost car je n'ai pas de jardin.
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# Posté le mercredi 03 février 2010 06:03

11. Les besoins ? Une fois sur trois


A présent, je sors Chanelle deux fois par jour. Je sais ce n'est pas assez mais je ne vais pas vivre dehors non plus par ce temps pourri de janvier ! De plus, les rues sans herbe ne la tentent pas, même si elle commence à gambader joyeusement sur les trottoirs, elle attend d'être à la maison pour me faire ses petits cadeaux. Pire, le matin, elle est tellement heureuse de me voir qu'elle me fait la fête et se pisse dessus !!!! Même pas le temps de la sortir ! Enfin, elle respecte mes fauteuils et garde ses coins précis, toujours les mêmes : près de la sono (n'aime pas la musique ?) et près de mon bureau (anti boulot). Pourquoi ceux-là ? Je ne sais pas mais soit. Elle a déjà ses petites (mauvaises) habitudes.
J'envisage le bac à chat mais est-ce bien raisonnable ?

En dehors des petits soucis pratiques, Chanelle m'apporte beaucoup d'affection. Elle me suit partout, me colle aux jambes (pas marrant), jappe pour tout et rien et me couvre de lèchouilles. MAIS aussi, elle fait les poubelles comme une vrai spéléologue (c'est un chien, normal !) et pique le moindre aliment que j'ai le tort de déposer une fraction de seconde sur la table de salon et irait même chercher le bout de gras dans ma bouche si elle pouvait ! Morceau de chocolat, tartine, chips, pain, tout lui plait. Pour atteindre un objet qui l'intéresse sur la table base elle est capable d'une ingéniosité qui m'épate. C'est tout juste si elle ne prend pas son élan pour atteindre le centre de la desserte et, l'autre soir, elle est montée sur un canapé défendu pour s'élancer. Je l'ai attrapée au vol comme un ballon de rugby et j'ai crié un NON si fort qu'elle est allée se cacher. Pas longtemps. Pensant que j'avais oublié elle a essayé de recommencer. Et avec moi, il ne faut jamais faire répéter deux fois un interdit !
Oui c'est oui, non c'est non, et pas peut-être.

Mon fils, moins capable de lui résister se laisse piquer ses sandwichs du petit déjeuner ce qui fait que je vais devoir songer à mettre la chiotte au régime. L'autre jour, elle a léché un emballage de fromage à tartiner puis piquer le pot de mousse au chocolat de mon fils. Je ne vous dis pas l'état de sa truffe ensuite. Et si on peut aisément laver les mains et la bouche d'un enfant, ce n'est pas évident de faire pareil avec un chien et poilu en plus. Bref, je dois tout surveiller, tout mettre en hauteur et nettoyer davantage.

Je pense que cela commence à bien faire et que la page inconvénient dépasse celle des avantages. Ca ne me fait plus rire.
Question promenade, elle ne veut jamais sortir mais une fois dehors elle cavale à présent tel un lévrier puis ne veut plus rentrer. Et à part un pisou les crottes c'est pour la maison. Et les crottes j'en ai marre de les ramasser. Je n'ai pas besoin de faire du compost car je n'ai pas de jardin.
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# Posté le mercredi 03 février 2010 06:02

10. les premières promenades

Le dégel se fait, la température dépasse le zéro degré et je peux envisager de sortir Chanelle sans qu'elle tremble comme une feuille au vent. J'ai failli lui offrir un petit manteau mais, là encore, le prix était dissuasif. Me remettre au tricot peut-être ? Un joli petit patchwork avec les « bobottes » assorties ?
Bref, un après-midi, je lui accroche sa laisse, elle gémit et je la sort de force dans la rue.
Sur le trottoir, elle essaie de remonter mes jambes via la face nord et la face sud en gémissant comme ses pattes brûlaient sur le macadam (il n'y plus de neige, donc plus de sel). Peine perdue, je la traine sur le trottoir par le fond de son arrière-train. Enfin, petit à petit elle fait quelques pas puis devient plus franche jusqu'au passage d'une voiture. Là elle a peur.
« Bon, me dis-je, ce n'est pas gagné ! ».

Chanelle renifle sous ses pas mais ne fait rien. Il faut dire que le long de ma rue asphaltée, il n'y a pas le moindre carré d'herbe. Des haies, des gravillons, du bitume mais aucun arbre pas plus que de gazon anglais ou non. Enfin, arrivée à l'école de mon fils la « chiotte » découvre un m2 de pelouse et s'ébat joyeusement quand elle s'accroupit et... fait son pisou. Alléluia ! Je la félicite. Une crotte peut-être aussi ? Non ? Bon, ce sera pour la prochaine fois.

Rentrée à l'appartement, elle pisse à nouveau, mais dans mon couloir cette fois. Que dois-je faire ? La leçon ? Lui expliquer que je ne suis pas contente ? Et surtout qu'on ne joue pas avec mes pieds ? Que je suis compréhensive, bonne et gentille sauf qu'il ne faut pas me pousser à bout ?
Le lendemain, je tente une plus longue promenade le long de la rivière et Chanelle s'ébroue joyeusement. On dirait qu'elle privilégie l'herbe pour son pipi. Pour le reste, ne rêvons pas : le coin de ma bibliothèque et la moquette restent ses endroits préférés et, si je place des journaux à ces endroits elle les bouffe et fait à côté. Je vais penser à asperger du spray répulsif.

Je reste dubitative. Fait-on des langes pour chiots ?
Je sais, l'apprentissage sera long, j'ai été prévenue. Mais long combien ?

Le jour suivant, je décide d'emmener Chanelle à Bruxelles. Je pars toute la journée, pas question de la laisser enfermée dans l'appartement pour qu'elle y file le souk. De gré ou de force je vais la so-cia-bi-li-ser ! Et pour le premier coup : 60 km en voiture (elle vomit sur mon siège mais remange tout avant que j'ai eu le temps de ramasser !), une promenade en rue : pipi et popo et « maman » qui ramasse, et un resto pour clôturer le tout : un restaurant chinois. Ils aiment les chiens, eux. Je préviens : « mon chien a déjà fait ses besoins, puis-je rentrer avec lui ? » Et là, Chanelle me prouve qu'elle sait se tenir.

En visite chez mon amie Karine aussi. Elle joue l'enfant modèle et ne quitte pas mes genoux tout en jetant des regards apeurés et mielleux à ma copine qui fond.
Toutes les mères connaissent ces moments-là : quand l'enfant limite diablotin se comporte comme un angelot ailleurs....
Karine me dit : « Il va encore grandir ton chien, jusqu'à un an ! » (Là elle a trois mois).
Je réponds : « Quoi, encore ? » Et elle : « Ben, c'est pas un bonzaï ton chiot ! » Non mais c'est souvent « Banzaï » dans mon appartement !
Je la regarde. Plus grande encore ? Sa taille me convient très bien. Alors j'espère qu'elle ne tiendra pas de son parent teckel et ne se transformera pas en limousine canine !

Plusieurs personnes me disent aussi qu'un Bichon c'est blanc, jamais noir. Est-ce qu'elle aurait hérité cette couleur de son autre parent ? Allons-savoir ! En tout cas, j'ai l'impression que Chanelle devient grise. Pas de désespoir, non, mais ici et là des mèches plus claires font leur apparition. Se peut-il qu'à l'instar des humain, un bébé à chevelure foncée devienne blond ou le contraire et que Chanelle perde ses cheveux noirs pour une toison blanche ?

# Posté le dimanche 31 janvier 2010 06:53

9. La propreté

Je dois reconnaitre que sur le point de la propreté j'avais été prévenue. « Tu ne vas pas rigoler, tu devras sévir, lui mettre la tête dans son pipi, etc. » C'est quand j'avais déjà Chanelle chez moi qu'une amie, prévoyante à rebours, m'a conseillé de sortir ma chienne trois fois par jour : « Il lui faudra bien ça pour l'habituer à faire ses besoins dehors ! »
Trois fois par jour ??? Mais comment font les gens qui travaillent et possèdent des chiens ? Déjà que je ne suis pas faite sur le modèle « lève-tôt » alors m'extraire du lit à l'aube pour sortir un chiot capricieux ! Maintenant je comprends pourquoi les portes claquent autant dans mon immeuble le matin (je crois toujours que les voisins ont oublié quelque chose mais non : ils sortent et rentrent leur chien !) et à la fin des programmes télés : les propriétaires de canidés vont les balader une dernière fois avant la nuit !

Lors d'une promenade (enfin, peut-on appeler promenade l'avancement en crabe : deux pas en avant, trois en arrière avec le chiot qui enroule la laisse autour de mes jambes et essaye de monter dans mes bras via mes jambes ?) je me rends à l'Animalerie près de chez moi.
Bien achalandé, le magasin vend tout pour le toutou et le chat. Et, c'est en parcourant les rayons à la recherche d'un jouet en corde pour les dents de Chanelle que je comprends complètement le sens du terme «commerce » et « société de consommation ».
Je cherche un sac pour la transporter en voiture car le sac bleu d'Ikea est un peu trop grand pour elle, même si je mets une couverture à l'intérieur. Si je coince la chienne sur le devant du sac, elle recule et sort par l'arrière. Après les rayons croquettes, laisses, « nonoses » et gadgets en tout genre (même une poule en plastique et des souris de quoi l'éduquer à la chasse sans doute ?) je trouve le coin « paniers, coussins, sacs » et le découvre tout le sens du mot pigeon. Amoureux des animaux = Pigeon = Naïf.
Là, un coussin basique qui revient en moyenne à huit euros dans n'importe quel magasin de matériel de jardin, coûte facilement vingt euros ici. Pareil pour les paniers (jusqu'à cinquante euros), quant aux sacs de transport, je n'en parle même pas.
Question nourriture, sèche ou en boite, la grande variété me laisse pantoise.
Et je me souviens d'un article de presse qui prétend que le Belge dépense en moyenne 250 euros par an pour son animal domestique. Sans compter les frais de vétérinaire, sans aucun doute, et je redécouvre le sens du mot « Marketing »*.

En attendant que je me décide à ne rien acheter à part le gros n½ud de marin coloré, Chanelle me rappelle à l'ordre : elle a fait ses besoins dans le seul magasin qui permet à un maître de rentrer avec son animal de compagnie. Evidement, j'ai changé de sac ce matin et je n'ai ni sachet ni mouchoir en papier dans celui-ci. Penaude, je vais en demander à la caisse et je ramasse les déjections de mon canin. Ce n'est pas ici que je me permettrais de lui mettre le nez dedans et la trainer jusqu'au torchon qui lui sert momentanément de litière. Je sens que la partie « propreté » ne va pas être une sinécure !


* Le rayon beauté/hygiène regorge de parfums, shampooings, onguents, sprays buccaux et autres mousses ravivant la blancheur des chatons. Une offre pléthorique d'aliments enrichis en vitamines côtoie des crackers bios, des suppléments vitaminés, des préparations aux algues, au calcium, à la levure de bière, des boissons énergisantes, du pop-corn, des croquettes allégées pour animaux obèses, des eaux minérales pour chiens et chats, etc. Sans oublier des repas préparés «pour une meilleure hygiène buccale et dentaire», «pour estomacs sensibles» ou encore «pour peau sensible» ! (source : Plus magazine)

# Posté le mercredi 27 janvier 2010 07:34

8. Bébé chien = Bébé humain

Un bébé c'est un bébé, qu'il soit canin ou humain, je l'ai déjà écrit. Ca mange, ça dort, ça joue, ça râle ou pleure et ça pique une crise de temps en temps. Mais jamais quand on est disponible.
Evidemment, c'est souvent quand je suis enfin installée tranquillement devant ma télévision et un programme passionnant (oui ça existe !) que Chanelle commence son cirque. Et voilà qu'elle attaque mes pieds, mon verre de vin (déjà ?), la boite de Kleenex, ma pelote de laine (je peux oublier le tricot !), le sachet de thé que j'ai négligemment laissé trainer dans la sous tasse aussi. Il faut imaginer un bébé qui se tient à peine sur ses jambes contourner une table pour essayer d'attraper tout ce se trouve à sa portée. Chanelle c'est pareil.
Et, c'est dingue tout ce qui encombre ma table et la quantité de thé empaqueté dans un petit sachet ! On n'en est conscient que lorsqu'un chien ou un chat l'a déchiqueté ! De plus, si on peut dire à un petit enfant : « Ne mets pas tes doigts (sales) sur les vitres », comment dit-on à un chiot : « Pas mettre les papattes sur la table en verre du salon et défense de baver dessus ! »
Après ? Séance de serpillère car vu l'heure, l'aspirateur est déconseillé et un « pschittt » sur la table. A recommencer demain, sans aucun doute.

Après ? Séance de serpillère car vu l'heure, l'aspirateur est déconseillé.

Epuisée, j'attrape ma chienne et je sévis : je la cale dans la buanderie. Au coin ! Deux pleurs, un grognement et plus rien. Ouf, une heure de paix. (Je promets de ne jamais avoir fait cela avec mes enfants. D'ailleurs, à l'époque je n'avais pas de buanderie...)
Quand je la laisse sortir elle est calmée et moi aussi. C'est alors que je remarque qu'elle mâchonne une bougie de type « chauffe plat ». D'où vient-elle ? Non ! Elle a consciencieusement vidé mon présentoir à huit trous de toutes les bougies présentes ! Je suis fatiguée et je saisis la ramassette, la brosse et je récupère tous les petits morceaux. Gros soupir de ma part.

Là, à 23 heures, je me demande pour la première fois ce qui m'a pris d'adopter un chiot. Il ne me serait pas venu à l'idée de refaire un gosse, alors pourquoi prendre un animal ?

Trois câlins plus tard j'ai pardonné mais je suis énervée. Ce n'est pas ainsi que je concevais notre vie de couple. Tiens, cette phrase me rappelle quelque chose ou quelqu'un... Bref. Je me couche une fois de plus seule. A cemoment je suis certaine d'une chose : mon chien ne dormira jamais dans mon lit : c'est le seul endroit où je suis hors de sa portée sans qu'elle me lèche la figure et me mordille les pieds !

# Posté le mardi 26 janvier 2010 05:16

Modifié le mercredi 27 janvier 2010 07:27

7. Le bain de Chanelle

7. Le bain de Chanelle
Je n'ai jamais donné un bain à un chien. A des bébés oui, quant à mes chats, ils étaient autonettoyants. Donc, ce matin, j'ai profité du fait que je prenais le mien tandis que Chanelle vidait consciencieusement la poubelle des cotons à démaquiller usagés, pour tenter cette première aventure. Afin de ne pas lui transmette mon stress, je me suis séchée, habillée en sifflotant presque puis, j'ai attrapé mon chiot d'un geste leste. Et hop dans le bain.
Mon dieu, qu'avais-je fait ! Deux kilos trois se transformait subitement en Hulk avec la force ad hoc sans devenir vert pour autant mais en poussant des cris de bête qu'on égorge.

Alors, un bon conseil pour tout débutant :
─ Ne pas donner un bain à un chien en étant habillé !
─ Bien tenir l'animal par les pattes même s'il crie comme un sioux en train de brûler dans son tipi.
─ Le sécher dans une grande serviette sans l'essorer violemment sinon il aura mal et il y aura des n½uds dans ses longs poils. (Evidemment ce sera plus facile pour un chien à poils courts style Yull Bryner ou Kojak).
─ Essayer le sèche-cheveux une fois au moins rien que pour comprendre que le chiot pensera que les feux de l'enfer s'abattent sur lui. Regretter de n'avoir que deux mains et lui des pattes comme Spiderman pour grimper le long des murs jusqu'au coin du plafond le plus reculé.
─ Renoncer à l'appareil (ou s'asseoir par terre et coincer l'animal avec les jambes tandis qu'il souffre le martyr) et le laisser dans la salle de bain chauffée le temps qu'il sèche tout seul. (Il aura tellement eu peur qu'il n'en bougera pas pendant un bon quart d'heure.)
─ Essayer de l'attraper ensuite pour le brosser. Bonjour ! Il sera devenu méfiant !
Mais comment font les toiletteuses ?

Résultat : j'étais mouillée des pieds à la tête et j'avais une balafre sur le cou. Et il parait qu'il faut recommencer l'opération toutes les semaines. Je suis certaine que Chanelle enregistrera très vite dans son petit crane : salle de bain = salle de torture.
Après coup, je l'ai prise dans mes bras, l'ai câlinée mais elle sentait toujours le chien, sauf que c'était le chien propre.
A mon prochain passage à l'animalerie, je chercherai un spray « sent bon » pour chien. Impossible que cela n'existe pas. Et des lingettes au Ph neutre pour frotter son bas-ventre quand elle a fait pipi car l'odeur du pipi et moi... beurk. Enfin, je ne pense pas que cela soit conseillé.
J'espère qu'elle ne transpirera pas en été !

photo : Chanelle après le bain. Bien lustrée.

# Posté le samedi 23 janvier 2010 09:36

6. Les soins de Chanelle

En bonne maîtresse soucieuse de l'entretien de ma chienne, j'avais acheté une petite brosse à double face afin d'entretenir ses poils (cheveux dans ce cas-ci vu que les Bichons ont des cheveux et non des poils). Après la première tentative où je m'étais battue avec les crocs acérés de la chiotte (je ne sais pas si ce mot existe mais pour moi, à ce moment, SI !), j'ai songé qu'il fallait que je lui donne un bain car elle sentait... le chien et, je ne sais pas si on peut vaporiser de l'eau de toilette (enfin du parfum, pas l'eau des wawas), sur les animaux de compagnie.
Un bain à un chien ? Mais comment fait-on cela sans risquer la chirurgie réparatrice à la clinique de la main après ?
Renseignements pris ici et là chez d'autres propriétaires de petits chiens : non, ce n'est pas évident. De plus, il faut sécher leurs poils avec le sèche-cheveux. J'eus tout de suite une moue craintive. Comment faire comprendre et admettre à la petite cette partie du projet et surtout, que c'est à son avantage d'être propre et de sentir bon ? Chanel ne fait pas encore de parfum pour chien ni de déodorant !
Dans mes pensées, je me voyais déjà l'attacher par les quatre pattes à l'installation sanitaire : robinets, barre de la douche, munie d'une muselière, etc. Non, ce serait sadique digne du film « Le silence des agneaux ». Dans le doute, je reportai l'expérience au lendemain.

Le soir, alors que Chanelle avait dormi une bonne partie de l'après midi, elle fut très en forme et se mit à m'attaquer. Pour jouer, sans aucun doute mais ce n'était pas l'heure. Je regardais le « Mentalist » à la télé et l'acteur me faisait personnellement baver. Chacune son tour. Alors, devant mon désintérêt pour elle, Chanelle se lança dans une course de fond à travers le salon comme si une flopée de souris l'attendait et elle grogna, attaqua mes pantoufles, me sauta à la figure pour me mordiller et me lécher tout à la fois et je resongeai à ce qu'avait dit le véto : « Cette petite chienne est bien équilibrée et vous aime beaucoup ». Un peu trop je trouvais et pas à la bonne heure !
Comment parler chien et lui faire comprendre qu'il y a un moment pour chaque chose et que là, ben non, je n'étais pas disponible. La prochaine fois je l'enfermerai dans la buanderie. (J'éviterai les sévices corporels et la terrasse gelée vu que je n'en ai pas).

Et puis, pourquoi encore mes pantoufles ? Qu'ont-elles de si extraordinaire ?
Enfin, mes chaussettes, mes bottes, mon pyjama, mes lunettes, la boite de mouchoirs en papier, mes sous-vêtements en transit dans la salle de bain tout fait farine au moulin visiblement !

# Posté le jeudi 21 janvier 2010 07:33

Modifié le vendredi 22 janvier 2010 07:00

5. Chez le vétérinaire

Après un week-end à ne savoir comment gérer ce ouistiti adorable mais lunatique à heures fixes, je me décidai à consulter un vétérinaire. En effet, comme les nouveaux nés, les animaux ont besoin de vaccins et de visites médicales en plus des soins et des câlins.
Pour mon bonheur, je découvris un cabinet à quelques maisons de chez moi. Un an que j'habite cette rue et je ne l'avais jamais remarqué et pour cause : je n'ai pas d'autres animaux domestiques. Bref, je prends rendez-vous et je fournis à ma chienne, via un vétérinaire, le lot de vaccins et de vermifuge nécessaires à son bon équilibre physique. Je demande aussi confirmation au praticien : Est-ce que Chanelle est bien une femelle ou un mâle car depuis qu'elle s'est « amusée » sur ma jambe j'ai un doute. Elle vérifie et confirme : c'est une petite fille ! Ce que j'ai confondu avec un micro zizi est en fait sa vulve. Autant pour moi, je n'ai pas la même !

Et hop, encore quarante-cinq euros en moins sur mon compte en banque qui frôle le zéro comme la température au dehors ! Et la séance est à répéter dans un mois. Purée !
Bécasse, je m'enquiers de la part remboursée par la mutuelle. Le médecin, sans rire, m'apprend qu'il n'y a pas de mutuelle pour animaux dans notre pays. En France oui, pas en Belgique. Je râle, surtout quand j'entends que dans moins de quatre mois je devrai faire opérer ma chienne, la stériliser quoi. Sinon, chaleurs, règles de chienne, plus de promenade sans risque de devenir grand-mère de bébés noirs mélangés avec dieu sait qui et j'en passe.
Pourquoi ne m'a-t-on pas prévenue avant ? Après, oui. Coup de l'opération : trois cents euros !

En attendant, plus de promenade avant cinq jours, le temps que les vaccins soient efficaces. Pas grave, il neige et fait moins 5 dehors. Je préfère jouer de la serpillère et ramasser la production de ma chienne. Ne dit-on pas que c'est de l'or ? Enfin, j'évite de marcher dedans.

Question propreté, le médecin m'avait conseillé d'enfermer le chiot (quel est le féminin de chiot ?) dans la cuisine pour que son espace soit réduit et qu'elle ne fasse pas ses besoins sur toute l'étendue de mon living, seulement, les logements modernes possèdent quasi tous des cuisines américaines ouvertes sur le living ! Dois-je construire des barricades ?

En sortant du cabinet médical, j'eus une pensée émue pour la fondation animalière du Prince Laurent. Je suis une économiquement faible, peut-être devrais-je investiguer de ce côté pour me faire sponsoriser ? Trouver une école vétérinaire ? Ou alors, me mettre à la production en série de Bichons croisés pour rentrer dans mes frais ?
Non merci. Je ne suis pas proxénète ni mère maquerelle.
Je peux aussi chercher un véto sur un site de rencontres et faire d'une pierre deux coups ? Bon, j'ai aussi besoin d'un plombier...

Au soir, je donnai quelques croquettes à Chanelle et un bol d'eau pour la nuit et je m'éclipsai dans ma chambre. Pas de bruit, pas d'aboiement, parfait. Après tout, chacun à sa place. Est-ce que je dors dans son panier moi ? Le lendemain matin, je trouvai quelques déjections canines aux mêmes endroits que les jours précédents et, alléluia, un pipi sur la carpette prévue à cet effet mais deux autres ailleurs également. Merci monsieur Javel pour votre belle invention. Pas terrible pour les mains mais efficace contre les odeurs seulement ça fait de vilaines traces sur le sol.

De plus, Chanelle adore quand je nettoie : elle attaque la serpillière, la mords avec des grognements et je traine et le balai et la chienne. Pas facile. Une fois la pièce propre, elle est parsemée de petites traces de pattes. La prochaine fois je l'enfermerai dans une autre pièce. La buanderie ? Attachée à la plomberie par les pattes avant ?
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# Posté le mardi 19 janvier 2010 13:56

4. Il faut s'informer

Plus tard, je me suis mise à la recherche d'informations sur la race des Bichons ; je devais admettre que je n'y connaissais rien, que mon « César » femelle n'allait pas m'aider et ne m'avait pas été fourni avec un mode d'emploi détaillé. Je devais apprendre sur le tas, comme je l'avais fait pour mes enfants et mes chats, tout en essayant de gagner quelques précieux échelons dans le B A BA du savoir faire en mode canin.
En trois minutes sur le Net, j'en appris plus qu'en quelques semaines de pratique, sauf que les conseils me semblaient un peu trop idylliques : Comment tourner en mode chien pour qu'après celui-ci tourne en mode humain ? Faites ceci et pas cela et tout ira bien. TOUT ?

Alors, pour commencer, on ne donne pas de lait à un chien et on ne le gave pas toute la journée de sucreries et il ne doit pas manger de la nourriture pour adulte.
Quand on lui interdit quelque chose (mordre, aboyer, prendre votre jambe pour un poteau ou bouffer les pieds de la table) on dit : « Non, tu ne peux pas ! » d'une voix forte en lieu et place de « Tu ne peux pas petite Chanelle, maman n'est pas contente que tu t'attaques ainsi à sa pantoufle avec son pied dedans » d'un ton doucereux. De plus, on n'associe pas le prénom du chien à un NON mais seulement à des reconnaissances ou des agréments du style : « C'est bien Chanelle d'avoir fait ton pipi sur l'herbe » ou « Mhmmm, Chanelle, quelle belle crotte que je vois là ! Je vais m'empresser de la ramasser à l'aide d'un sachet avant que la marie chaussée ne me verbalise et me file une grosse amende ! Voici ta récompense.» Et à ce moment la petiote a droit à un nic nac ou un petit bout de fromage. Pas du maroilles, je vis dans le Nord mais faut pas pousser.
NON ! Cours et bref, c'est pour tout ce qui est mauvais, le prénom c'est pour tous ce qui est BON.

Ici aussi, action récompense, mauvaise action = punition. Des principes de vie tous simples mais si peu appliqués, autant pour les animaux que pour les être humains qu'il faudrait sérieusement les remettre en application.

Et si vous n'avez jamais vu une boule de poils de deux kilos trois et de trente-cinq centimètres vous tenir tête, hé bien, sachez que lors de la première confrontation vous serez partagé entre l'envie de rire et de shooter dans la chose afin qu'elle comprenne tout de suite qui est le maître. Enfin, la maîtresse. Le combat entre cinquante-cinq kilos et un âge qui en a vu d'autres et un truc en peluche de deux mois et dix jours est carrément inégal. Mais parfois David gagne contre Goliath.
Contre la serpillière aussi David gagne.et je promène la brosse avec Chanelle qui grogne accrochée au torchon trempé comme si elle se battait avec un ennemi.
Contre le chargeur de mon ordinateur portable également. 1-0 pour Chanelle.
J'ignorais que les petits chiens se comportaient comme des rats et grignotaient tout ce qui leur tombait sous la dent. Et « maman » d'aller s'acheter un nouveau chargeur sous la neige. Trois magasins avant de trouver. Coût : cinquante euros. Qui a dit qu'il faut les moyens pour posséder un animal domestique ?

# Posté le dimanche 17 janvier 2010 05:29

3. Chanelle s'installe

3. Chanelle s'installe
Son ex maîtresse m'avait dit : « Vous verrez, elle est calme, elle passera ses journées à jouer et dormir. » Parlait-elle du même chien que moi ?
J'en doute.
Dès qu'elle fut « à l'aise », Chanelle se mit à visiter la maison. Et quand je dis « visiter » je sous-entends jouer les rase moquette sous les meubles, les canapés, les lits pour en ressortir couverte de peluches, grise et un mouchoir en papier entre les dents ou pire, un slip en guise de trophée !
Souhaitait-elle me faire passer un message subliminal ? Un mot sur ma capacité à faire le ménage au-dessus et en dessous ? Mhmmm. Bref, dès le lendemain, je sortais l'aspirateur et le bidon de Javel au pin et je rangeais un peu mieux mon antre de fille que je devrais à présent partager avec cette donzelle.

Enfin, sans que je les lui présente, elle s'est approprié mes pantoufles et les chaussettes qui traînaient au bord du lit. Aucune chaussure. Ensuite, elle s'est attaquée à mon soutien gorge (rouge) mais je lui ai dit que c'était un peu tôt pour elle.
J'ai repris mes chaussons, seulement, elle s'est mise à les attaquer alors que mes pieds étaient encore dedans. Bonne mère ayant déjà élevé deux enfants et trois chats, j'ai tenté de la raisonner. « Pas mordre mes pieds, ni ma main, ni mes jambes ou tu reçois une motte. » Elle ne connaissait pas encore le terme « motte » ni ses dérivés connus au dictionnaire des synonymes. Après la première claque, le français commençait à entrer. Cela ne l'a pas découragée.

Par contre, moi j'ai vite appris quelques principes : ne rien laisser à sa portée : ni objets sur la table, ni quoi que ce soit à sa hauteur et RANGER un maximum car TOUT l'intéresse surtout ce dont elle n'a aucun usage : montre, boite d'allumette, bougies...

Je redécouvrais de vieilles habitudes communes aux petits enfants et aux chats : ils attrapent tout ce qu'ils peuvent pour le mâchouiller et si c'est quelque chose à quoi on tient, eh bien, il faut leur fourrer les doigts dans la bouche pour le récupérer. Mais les chats montent sur les meubles et n'écoutent pas ce qu'on leur dit. Ils font semblant d'obéir (un peu comme les enfants) puis n'en font qu'à leur tête. Là, j'étais encore tranquille : peu de chance que Chanelle se mette à sauter sur mes commodes ni devant, ni derrière mon dos. Déjà que pour grimper sur le canapé ce n'était pas aisé, alors un meuble à plus d'un mètre du sol j'étais sereine !

Après deux jours, la petite chienne se sentait encore plus à l'aise. Trop ? Je ne sais mais il lui prit l'envie de faire à sa guise, tous les soirs vers dix-neuf heures juste au moment du journal. Alors, elle commençait à grogner, me chercher des poux et à aboyer avec des minis wouaf.
Etonnée, je ne sus que faire. Fallait-il que je lui parle comme à un enfant entendant ou que j'aboie des ordres simples mais efficaces voire que je lui file des claques sur la truffe ?
Je fis un peu des deux sans trop de résultats et elle finit par se calmer. Jusqu'au lendemain.

Le premier soir je ne sus comment gérer la nuit et j'étais partagée entre deux extrêmes. La reléguer à la cuisine sur le coussin que je lui avais attribué devant le radiateur ou la prendre dans ma chambre et sur mon lit, vu qu'elle était censée remplacer un supposé homme ? Dans le doute, je l'ai laissée dans la cuisine. La nuit se passa sans soucis car elle ne gémit ni n'aboya. Evidemment, ce qu'elle ne savait pas encore c'est que si elle avait manifesté sa désapprobation elle aurait eu droit au couffin 4 étoiles !

Le lendemain matin, je fus accueillie comme une reine par la petite qui jappait de plaisir. On aurait dit que j'étais partie une semaine. Que du bonheur ! Je lui servis croquette et bol d'eau coupé de lait avant même de me servir un café. Que de reconnaissance ! Pas un : « Les toasts sont brûlés » ou « C'est pas les céréales que j'aime ! » et « Il n'y a plus de Nutella ». (On ne donne pas de la nourriture pour adulte à des chiens et encore moins à des chiots. J'étais rassurée, elle ne me commanderait jamais un steak frites ou des sushis au saumon !)
Après, j'eus moins matière à rire quand je dérapai dans une flaque d'urine et découvris deux crottes sous la table basse du salon.

C'était une évidence : je devais lui apprendre la propreté. Oui mais comment fait-on ?
Dehors, il gelait et une épaisse couche de neige parsemait les trottoirs. Difficile pour moi, pour elle, de stagner une heure par moins trois à attendre qu'elle se décide à faire son pisou pendant que je regrette de tous mes os de l'avoir adoptée en plein mois de janvier.
J'ai néanmoins tenté l'aventure mais elle a freiné des quatre pattes et elle grelottait tellement que j'ai songé tout de suite à lui tricoter un petit manteau. Si elle pouvait parler je suis certaine qu'elle aurait crié : « Tout mais pas sans une doudoune et des bottes ! »

Suite à demain
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# Posté le vendredi 15 janvier 2010 06:01